LE CODEX : UNE HISTOIRE CHARMEUSE


Ahoy moussaillons !

Après le mythe du Kraken, nous voilà partis aujourd’hui à la découverte de nouveaux mystères qui concernent cette fois-ci les Sirènes, ou « Mermaid » dans la langue de Shakespeare.

Dans un jeu abordant le thème de la piraterie comme Sea of Thieves, il paraissait impossible que ce mythe n’y ait pas sa place d’une façon ou d’une autre. C’est pourquoi les Sirènes sont apparues en jeu via la quatrième aventure de nos amis des Fonds de Cale, en Juillet 2018, sous le nom de « The Sunken Curse » (la Malédiction Engloutie en français).

Sortant de l’ordinaire, ces fameuses Sirènes sont arrivées non pas sous la forme de PNJ ennemi comme les squelettes, mais sous celle de sculptures, de statues à leur effigie. Une effigie relativement particulière, loin des standards que l’on prête à ces créatures habituellement.

Là où beaucoup de joueurs s’attendaient à une exploitation un peu plus creusé du lore du jeu et des possibles mystères entourant ces effigies, il s’avère que la seule qui fut donnée par les Fonds de Cale était très courte : ces statues étaient remontées des profondeurs, porteuse d’une malédiction qu’il a fallu contenir en les détruisant.
Ainsi donc, il est encore aujourd’hui possible de trouver un peu partout dans les faibles profondeurs des îles de la Mer des Voleurs ces fameuses Sirènes. Caractérisées par trois couleurs différentes : la Saphir, l’Emeraude et le Rubis, elles émettent un son particulier lorsque vous vous trouvez tout proche, possèdent une résistance croissante en fonction de leur couleur ainsi qu’une régénération de santé et une zone de dégâts autour d’elles.
Elles furent désactivées du jeu pendant une période, avant d’être réintroduites dans les eaux salées avec une nouvelle caractéristique : elles portent désormais une gemme de leur couleur incrustée dans la poitrine, qu’elles libèrent en éclatant, et que vous pouvez revendre par la suite.

Comme nous l’avons vu juste au-dessus, Sea of Thieves est resté très évasif sur l’existence des Sirènes au sein de son univers, or dans la vie réelle, les légendes entourant ces créatures remontent à des temps très lointain.
Possédant des origines à la fois Grecques et Nordiques, les différences que l’on peut y trouver concernent surtout l’esthétique de la créature.

En effet, d’après les légendes Grecques, les sirènes étaient décrites comme des êtres mi-femme, mi-oiseau : parfois possédant un buste de jeune femme, elles étaient majoritairement représentées sous la forme d’un corps d’oiseau à la tête de femme.

A contrario dans les légendes Nordiques, elles apparaissent comme des êtres mi-femme, mi-poisson : au buste de jeune femme, souvent considérée plus belle que nul autre, se prolongeant à partir de la taille ou des hanches par une queue de poisson à écailles. A notre époque, et depuis les années 1500, la femme-poisson a énormément pris le dessus dans les légendes, et il n’existe plus que peu de traces écrites décrivant une femme-oiseau.

Cependant toutes deux s’accordent sur le reste de leurs caractéristiques.
Qu’elles soient poissons ou oiseaux, les Sirènes vivaient majoritairement dans les eaux profondes ou bien aux abords des îles, plages ou tout près des détroits et autres écueils, lieux propices à des passages dangereux pour la vaste majorité des navires et les équipages qu’ils transportaient. Accompagnant leur incroyable beauté, ces créatures possédaient également une voie enchanteresse, capable de charmer le plus impitoyable des hommes avec de simples chants.
Dans le meilleur cas, elles pouvaient vous emmener vivre avec elles dans leurs contrées, vous faisant ainsi abandonner familles et amis sans aucuns retours possibles ; plus souvent elles vous faisaient tomber amoureux mais l’un ne pouvant vivre dans le monde de l’autre, vous étiez condamné à l’infélicité et à errer l’âme en peine et en proie au chagrin. Tandis que dans les cas plus horribles, leur chant vous forçait à sauter en mer pour les rejoindre, quand votre navire ne s’échouait par sur quelques bancs de rochers dissimulés sous les vagues avant que vous ne soyez happés par ces femmes avides de vous noyer vers le fond de la mer ou pire, de vous dévorer.

 

Sachez également qu’il existe un équivalent masculin à ces êtres, que l’on nomme « Triton ». Tout comme leurs congénères féminines, ils possèdent un buste d’homme se terminant par une queue de poisson, cependant ils sont bien moins souvent mentionnés dans les textes et dans la culture populaire d’aujourd’hui.

 

Comme bon nombres des mythes et légendes du passé, ceux des Sirènes se sont vus largement adaptés à la culture populaire.

Parmi les plus connus, nous retrouvons :

  • Andersen et son conte de la Petite Sirène :
    Envieuse du monde des hommes, tombant amoureuse d’un jeune prince humain et désireuse d’obtenir une âme immortelle (car selon le conte, les Sirènes meurent et disparaissent, là où les hommes voient leur âme monter aux cieux et continuer à exister), cette jeune sirène obtiendra contre sa queue de poisson une paire de jambes lui permettant de marcher sur la terre. En l’échange de sa voix comme paiement, elle souffrira comme si milles plaies lui étaient infligés aux pieds à chacun de ses pas et ne pourra survivre sur terre que si le Prince tombe amoureux d’elle et ne la marie, liant ainsi son âme à la sienne.
    Malheureusement pour elle, le jeune prince finira par en épouser une autre. Se préparant à mourir en écume, accablée de chagrin, la petite sirène reverra ses sœurs une dernière fois qui, en l’échange de leur chevelure, ont marchandé auprès de la sorcière son retour vers le fond des mers : en tuant le prince, elle retrouvera les siens. Elle s’y refusera cependant, et disparaîtra en écume dans la mer.
  • La Petite Sirène de Walt Disney :
    Adaptation directe du conte d’Andersen, la petite sirène portant le nom de Ariel est obnubilée par le monde des hommes qu’elle veut rejoindre. Sauvant le Prince Éric de la noyade, et tombant amoureuse de ce dernier, elle payera de sa voix une paire de jambes pour 3 jours, durant lesquels elle devra convaincre le Prince de l’épouser sous peine d’appartenir à la Sorcière des Mers. Elle parviendra à contrer les plans maléfiques de la Sorcière, et sauvera Éric une seconde fois, obtenant finalement ce qu’elle espérait : son union avec lui.

  • La Quête de la Toison d’Or, poème d’Apollonios de Rhodes :
    Alors que Jason et son équipage traversent les mers, ils parviendront à échapper à l’emprise des Sirènes grâce à l’aide d’Orphée. En effet sa voix et ses poésies chantées surpasseront les simples chants des Sirènes en charme et en beauté, protégeant ainsi les Argonautes lors de cette étape dangereuse de leur périple.

  • L’Odyssée d’Ulysse, par Homère :
    Alors qu’Ulysse parcourt les mers, il parvient lui aussi à résister aux Sirènes grâce aux conseils de Circé. Il donnera l’ordre à ses marins de se boucher les oreilles à la cire afin de ne pas entendre les chants, tandis que lui, souhaitant entendre une fois dans sa vie la voix de ces créatures, demandera à ce qu’on l’attache au mât du navire et que sous aucun prétexte on ne l’en détache durant tout le temps où ils passeront près de leur île.

  • Pirates des Caraïbes IV – La Fontaine de Jouvence :
    Jack et l’équipage de Barbe-Noire partent en quête de la vie éternelle qu’offre l’eau de la Fontaine de Jouvence, et vont sur leur chemin s’arrêter près d’une île où résident les Sirènes afin de récupérer la larme de l’une d’entre elles, qui doit être combinée à l’eau de la fontaine pour jouir des années de vie d’une autre personne.

  • Harry Potter et la Coupe de Feu, par J.K. ROWLING :

Après avoir récupéré l’œuf doré lors de la première épreuve, Harry découvre que l’indice au sujet de la seconde épreuve va l’obliger à arpenter les profondeurs du lac de Poudlard afin d’y récupérer ce qui lui est « le plus cher » et découvrir ainsi l’existence de sirènes parmi ces eaux. Elles sont d’ailleurs très loin du stéréotype classique de la sirène telle que nous la connaissons, ou telle que matérialisée dans le vitrail de la salle de bain des préfets où Harry découvre l’énigme sur les indications de Cédric Diggory.

  • La série « Charmed » :

Lors de deux épisodes filés, les trois sœurs Halliwell devront d’abord protéger une sirène des griffes d’une sorcières des mers, avant que l’une d’entre elles, Phoebe, ne se voit affligée du sort des sirènes suite à un profond chagrin d’amour.

  • Ponyo sur la falaise, de Hayao Miyazaki :

Ce film d’animation japonaise sorti en 2018 est une libre interprétation du conte de la petite sirène.

 

Ainsi se termine ce nouvel opus du Codex sur les légendes pirates, j’espère qu’il vous aura plu et permis d’en apprendre un peu plus sur ce mythe tant évoqué de nos jours comme dans l’antiquité.

Si vous avez des questions, ou des remarques, n’hésitez pas à m’en faire part dans les commentaires !

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